Le moulin à Huile « Le Bastidon » de Max Doleatto

Lorsqu’on entre dans le Moulin de Max Doleatto, ce n’est pas tellement l’odeur douce de l’huile d’olives qui vous envahit, ni le silence quasi religieux du travail qui vous étonne. Non, ce qui vous prend à la gorge c’est l’histoire avec un grand « H » — que ce soit pour les méthodes de travail comme pour les machines, ici, rien ou presque n’a changé depuis le XIIIème siècle !

Max Doleatto

Acquis en 1924 par la famille Doleatto, originaire du Piémont, le Bastidon appelé aussi le Flayosquet, est un moulin à huile construit au XIIIème siècle. Dans la famille depuis 5 générations, il n’en finit pas de faire vivre l’histoire et de presser des olives pour en extraire le précieux liquide aux éclats d’or et d’émeraude.

Il était une fois, un moulin à huile de Provence…

L’huile d’olives produite au moulin du Flayosquet

« Ce moulin, » raconte Max « n’a jamais cessé de fonctionner, même après le terrible hiver de 1954((1)), c’est pourquoi malgré son grand âge, il est en aussi bon état car il a toujours été entretenu« .
La roue à augets du Moulin à huile d’olives du Flayosquet À une époque le moulin fonctionnait avec 3 meules, dont une à gyspe qui servait à fabriquer du plâtre et qui a été retirée depuis. Une autre meule toujours présente, servait à traiter le grignon (résidu de pressage). C’est du traitement du grignon qu’était extrait la « mauvaise huile » destinée à la fabrication des savons. « Aujourd’hui, » avoue Max « des pays comme l’Italie, l’Espagne ou encore le Maroc inondent le marché avec de l’huile à si bas prix pour la fabrication des savons que ça n’est plus rentable de traiter le grignon chez nous« . Le grignon finit désormais dans la chaudière à bois qui produit l’eau chaude servant à séparer l’huile d’olives des résidus d’eau qu’elle contient immédiatement après le pressage.

Les meules du moulin sont toujours propulsées à l’ancienne par une roue à augets. L’eau est captée en amont de la roue et amenée jusqu’à elle grâce à un bief((2)). En Provence, le manque d’eau oblige ses habitants a déployer des trésors d’ingéniosité. L’eau étant souvent en quantité insuffisante, une roue à aubes classique((3)) pourrait avoir du mal à fonctionner, car c’est le débit qui en passant sous la roue, conditionne sa force. Une roue à augets est constituée de bacs. À la différence d’une roue à aubes, l’eau arrive par dessus et remplit les bacs (augets). C’est le poids de l’eau qui tombe dans les augets qui fait tourner la roue.

Un travail réalisé à la force des bras !

« Chaque jour, » indique Max « j’ai fait les comptes pour m’amuser — nous manipulons 20 tonnes de matériel et de matériaux par homme à la seule force des bras. Autant dire qu’à la fin d’une journée qui dure quelquefois 10 à 15h, on ressent un « léger » coup de pompe…« .

Au moulin 30 à 40 tonnes d’olives sont pressées chaque année. Le rendement est à peu près d’un litre d’huile pour 6 kg d’olives. La saison bat son plein de novembre à janvier. « Cette année à cause de la sécheresse, la qualité des olives n’est pas terrible ! » indique Max, « Non pas que l’huile produite n’est pas de bonne qualité, au contraire, mais la pâte obtenue après passage des olives sous la meule manque de consistance et lorsqu’elle est pressée, au lieu de rester entre les scourtins((4)) pour rendre toute son huile, elle sort par les bords. Si on n’y prend garde, les pertes peuvent-être considérables. »

Il est possible de visiter le Moulin du Flayosquet en compagnie du maître des lieux, Max Doleatto. Choisissez de préférence une période hors saison, c’est à dire de février à octobre pour ne pas perturber l’activité. Max Doleatto n’est pas avare en paroles et saura vous charmer par toutes ses anecdotes qui rappellent souvent les comtes et légendes de notre enfance.

Le moulin à huile du Flayosquet
Route d’Ampus
Chemin du Flayosquet
83780 Flayosc

  1. L’hiver très rigoureux de 1954 a sonné le glas de l’âge d’or de l’huile d’olives en Provence en décimant la plupart des oliveraies [retour]
  2. Canal parsemé de petits aqueducs le plus souvent en pierres [retour]
  3. Roue constituée de palettes [retour]
  4. coussins tressés entre lesquels est disposée la pâte avant sa mise sous presse [retour]

7 réponses à “Le moulin à Huile « Le Bastidon » de Max Doleatto”

  1. jipé dit :

    Tres bien.
    Monsieur MAX a l’air sympa
    A+ jipé

  2. Louis Esposito dit :

    Que c’est bon la tradition et les Hommes amoureux de leur métier.
    Ce petit reportage avec de très belles photos donne envie d’y aller et donne l’eau à la bouche.

  3. Valérie CUNY dit :

    J’ai visité ce moulin en 2005, il est super c’est accuieillant et en plus l’huile est tellement bonne que j’en ai recommandé depuis les vosges…

  4. paula doleatto dit :

    max me llamo paula doleatto soy de san francisco córdoba del país de argentina.tengo 11 años y tenemos el mismo apellido ..fantástico no? te contacte a través del sitio web.a mi papá le gusta mucho el aceite de oliva.me interesó mucho tu página.bueno espero que lo leas pronto y me contestes a mi e-mail

  5. SILVANA DOLEATTO dit :

    nuestro abuelo nació en Reano en 1904, no sabemos si queradon parientes en dicha localidad.
    Su nombre Amabile Doleatto.

  6. ALAIN BAILLET dit :

    Je connais trés bien votre moulin et vous rendrai visite prochainement. Mais svp donnez nous les traductions de Paula et Silvana. Merci et à bientot.

  7. faldo dit :

    Maximum mon nom est paula doleatto suis originaire de san francisco en Argentine pays Cordoue. J’ai 11 ans et nous avons le même nom de famille n’est-ce pas fantastique ? Je vous contacte par votre site Web. Mon père apprécie beaucoup l’huile d’olive. J’ai été très intéressé par votre page. ainsi j’espère que vous allez me lire vite que vous bientôt et répondrez sur ma messagerie

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